Il peut arriver qu’un cheval soit observé en train de manger des crottins, soit les siens, soit ceux d’autres chevaux. Ce comportement peut surprendre, voire inquiéter certains propriétaires.
Dans de nombreux cas, ce comportement est ponctuel et sans gravité. Cependant, lorsqu’il devient fréquent, il peut révéler un déséquilibre alimentaire, digestif ou comportemental.
Comprendre les raisons possibles permet de mieux interpréter ce comportement.
Un comportement appelé coprophagie
Le fait de manger des excréments s’appelle la coprophagie.
Ce comportement existe chez de nombreuses espèces animales. Chez certains animaux, il est même normal et nécessaire pour récupérer certains nutriments.
Chez le cheval adulte, la coprophagie n’est pas considérée comme un comportement normal, mais elle peut apparaître dans certaines situations.
Un comportement normal chez le poulain
Chez les poulains, manger des crottins est un phénomène tout à fait normal.
Vers l’âge de quelques semaines, les poulains commencent à ingérer des crottins de leur mère ou d’autres chevaux.
Cela permet :
- L’ensemencement du microbiote intestinal
- L’introduction de bactéries digestives utiles
- L’adaptation progressive à la digestion des fibres
Ce comportement participe donc au développement du système digestif du poulain.
Recherche de nutriments
Chez le cheval adulte, manger des crottins peut parfois être lié à un déséquilibre alimentaire.
Les crottins contiennent encore :
- Des fibres partiellement digérées
- Des bactéries intestinales
- Certains nutriments non absorbés
Un cheval peut être attiré par ces éléments si sa ration présente :
- Un manque de fibres
- Une ration trop pauvre
- Un déséquilibre nutritionnel
Déséquilibre du microbiote intestinal
Le cheval dépend fortement de son microbiote intestinal pour digérer les fibres présentes dans l’herbe et le foin.
Si cet équilibre est perturbé, le cheval peut développer certains comportements inhabituels.
Un déséquilibre digestif peut être favorisé par :
- Des changements alimentaires brusques
- Une ration riche en amidon
- Un manque de fibres
- Un stress prolongé
Dans certains cas, le cheval peut chercher à réingérer des bactéries digestives en consommant des crottins.
Ennui ou manque de stimulation
Le cheval est un animal qui passe normalement une grande partie de sa journée à manger et à se déplacer.
Lorsqu’il est :
- Confiné longtemps au box
- Peu stimulé
- Privé de fourrage pendant de longues périodes
- Isolé socialement
Il peut développer certains comportements inhabituels.
Dans ce contexte, manger des crottins peut être lié à :
- L’ennui
- La frustration
- Un manque d’occupation
Curiosité ou comportement exploratoire
Le cheval explore son environnement principalement avec sa bouche.
Il peut :
- Sentir
- Goûter
- Lécher différents éléments
Il arrive donc qu’un cheval goûte occasionnellement un crottin par simple curiosité.
Si ce comportement reste rare et ponctuel, il n’est généralement pas préoccupant.
Présence de parasites
Dans certains cas, manger des crottins peut augmenter le risque de réinfestation parasitaire.
Les crottins peuvent contenir :
- Des œufs de parasites
- Des larves parasitaires
La coprophagie peut donc favoriser la transmission de parasites internes, surtout si les crottins proviennent d’autres chevaux.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Il peut être utile d’observer davantage la situation si le cheval :
- Mange des crottins régulièrement
- Recherche activement les crottins
- Présente une perte d’état
- A des troubles digestifs
- Manque d’appétit pour son fourrage
Dans ces cas, il peut être intéressant d’évaluer :
- La ration alimentaire
- L’équilibre minéral
- La qualité du fourrage
- La santé digestive globale
Conclusion
Manger des crottins peut avoir plusieurs explications chez le cheval. Chez le poulain, ce comportement est normal et participe au développement digestif. Chez l’adulte, il peut être lié à un déséquilibre alimentaire, un trouble digestif, de l’ennui ou un comportement exploratoire.
Observer la fréquence du comportement et le contexte dans lequel il apparaît permet souvent d’en comprendre l’origine. Une alimentation équilibrée, un accès suffisant au fourrage et un environnement stimulant contribuent généralement à limiter ce comportement.

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